Le Saint-Esprit, une nécessité pour l’Église

Le Saint-Esprit, une nécessité pour l’Église

Dans une note, Ésaïe avait remarquablement prophétisé une façon dont l’Esprit se révèlerait :

Car le palais est déserté, et la ville animée abandonnée (…) Il en sera ainsi jusqu’à ce que l’Esprit soit répandu sur nous d’en haut, et alors le désert deviendra un verger, et le verger sera semblable à la forêt. Le droit habitera dans le désert, et la justice dans le verger. Le fruit de la justice sera la paix. L’effet de la justice, ce sera la tranquillité et la sécurité à tout jamais. Mon peuple habitera un domaine de paix dans des demeures sûres, dans des maisons tranquilles (És 32.14-18).

La prophétie d’Ésaïe selon laquelle l’Esprit serait répandu d’en haut a trouvé son apogée dans la chambre haute. Ce qui nous amènera à considérer le Saint-Esprit dans l’économie néotestamentaire.

Le Saint-Esprit dans le ministère de Jésus

Parlant du Messie, la bible nous apprend que « l’Esprit de l’Éternel reposera sur lui, et cet Esprit lui donnera le discernement, la sagesse, le conseil et la force » (És 11.2). En effet, Jean-Baptiste explique l’onction de Jésus de la façon suivante : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel et se reposer sur lui » (Jn 1.32). Par conséquent, Jésus « était rempli du Saint-Esprit » (Lc 4.1) avant sa tentation dans le désert; puis « Jésus, rempli de la puissance de l’Esprit, retourna en Galilée » (Lc 4.14). Quand plus tard, dans la synagogue de Nazareth, il se leva pour faire la lecture, il lut incidemment le passage où il est écrit : « L’Esprit du Seigneur repose sur moi parce qu’il m’a désigné par l’onction pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé pour proclamer aux captifs la libération, aux aveugles le recouvrement de la vue, pour apporter la délivrance aux opprimés et proclamer l’année de grâce accordée par le Seigneur » (Lc 4. 18-19).

Toute sa vie était mue par l’Esprit-Saint au point où Grudem écrit : « Le Saint-Esprit se plaisait à demeurer en Jésus et à le remplir de puissance, car il se réjouissait pleinement de la pureté morale de sa vie »[1]. Cela a pour effet que Jésus faisait des miracles : il chassait les démons et guérissait les malades (Lc 4. 36, 40-41); et surtout, Dieu lui a donné son Esprit sans mesure. C’est cet Esprit que l’Église reçut le jour de la Pentecôte et dont il importe de considérer le rôle au sein de la communauté.

Rôle du Saint-Esprit dans l’Église.

Cinquante jours exactement après la résurrection de Jésus, les disciples attendant à Jérusalem, les promesses concernant l’Esprit se réalisent. Ce fut le début d’un ministère de l’Esprit-Saint entièrement nouveau comme l’avaient prédit les prophètes cités plus haut et autres. Nous mentionnerons plusieurs évidences que l’Esprit était descendu sur eux, puis, ce qu’il est pour les disciples-apôtres.

  1. Un vent du ciel

Il vint du ciel un vent, un vent impétueux. En hébreu et en grec, le mot qui traduit « esprit » signifie aussi « vent ». Ainsi, il est impératif qu’un vent impétueux annonce l’arrivée de l’Esprit. Le vent étant le symbole de puissance, mouvement, force, tous typiques du Saint-Esprit.

  1. Des flammes de feu

Le feu symbolique était aussi très significatif. Jean-Baptiste avait prédit que

Jésus-Christ baptiserait « du Saint-Esprit et de feu ». Le feu symbolise le nettoyage, la purification, la destruction de ce qui est sans valeur. Grudem note que « lorsque les gens deviennent chrétiens, le Saint-Esprit opère en eux une purification initiale, de manière à ce qu’ils renoncent définitivement à certains péchés qui caractérisaient leur vie passée »[2]

  1. Le parler en d’autres langues[3]

Après que les disciples eurent été remplis de l’Esprit « ils se mirent à parler en d’autres langues selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer » (Ac 2.4). Ils étaient 120 disciples à ce moment-là et la Bible nous dit clairement qu’ils furent tous remplis de l’Esprit et qu’ils commencèrent tous à parler des langues qu’ils n’avaient jamais apprises. De nos jours, on dirait qu’ils étaient gonflés à bloc pour remplir bien leur ministère. Si l’Esprit était descendu pour être avec eux et pour être en eux comme Jésus le leur avait dit, il reste que cette personne de la trinité a un rôle prépondérant dans l’église, dont nous présenterons de façon sommaire.

Il est indéniable que l’immensité du rôle du Saint-Esprit ne peut être exprimée dans quelques lignes d’un texte de l’Olivier; quand on sait que même dans un livre ce que nous dirons de lui ne sera que sommaire. Le premier objectif que le Saint-Esprit œuvre à réaliser dans nos vies est le salut ou la nouvelle naissance. Pour nous conduire au salut,

  1. Il convainc le monde (Jn 16. 8-11)

Un aspect important de l’œuvre du Saint-Esprit est de convaincre et de réprouver les inconvertis au sujet du péché, de la justice et du jugement. En fait, sans l’œuvre de conviction de l’Esprit, nous serions incapables de nous rendre compte de notre nature pécheresse et de notre condition perdue. Il nous révèle la nature du péché, le jugement qui attend le pécheur et combien nous sommes loin du standard de justice de Dieu. De plus, pour ce qui est du vocable convaincre, Kuen rapporte les propos de J. O. Sanders : Le mot convaincre est « un terme juridique dont le sens est : apporter des témoignages évidents qui entraînent la preuve de la faute »[4]. C’est cet appréciable travail que fait le Saint-Esprit en nous et dont a bénéficié un des malfaiteurs pendus à côté de Jésus. Il admit avoir mérité ce pourquoi il se trouve perché sur un bois pour y trouver la mort. Ecoutez comment l’évangéliste Luc rapporte son dialogue avec son comparse : «pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes» (Lc 23.41). Il reçut un passeport royal pour le ciel, parce qu’il s’est soumis à la conviction du péché qu’apporte le Saint-Esprit. Vous, amis lecteurs, pouvez-vous évaluer le nombre de fois, la même voix vous a vainement parlés? Réfléchissez.

  1. Il produit la conversion et la régénération

La régénération est la nouvelle naissance ou restauration spirituelle. « Il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde, par le baptême de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit » (Tit 3. 5). Si dans nos églises, il se trouve des païens évangéliques, je veux dire des gens qui se vautrent dans l’adultère et autre doctrine délétère, c’est parce qu’en dépit de leurs titres pompeux, ils ne sont pas encore régénérés. Parce que le Saint-Esprit nous libère de la puissance du péché et de la mort pour que nous soyons saints. L’apôtre Paul écrit avec justesse : « En effet, la loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort» (Ro 8. 2)

  1. Il nous donne l’assurance du salut.

« L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu » (Ro 8. 16), « et c’est l’Esprit qui rend témoignage, parce que l’Esprit est la vérité » (1 Jn 5.6). Serions-nous capables, en tant qu’Église, de vivre en marge de cette auguste personne? J’en doute.

Soumission de l’Église au Saint-Esprit

Se soumettre à l’Esprit-Saint dépasse le simple geste d’humilité. C’est accepter qu’il a plein contrôle de tout ce qui est activité ecclésiale. Dans un travail de collaboration, l’homme a le rôle de sujétion et le moindre écart peut lui être fatal. Car, toute désobéissance est péché et « le salaire du péché, c’est la mort » (Ro 6. 23). L’histoire d’Ananias et de Saphira peut, entre autres, nous servir d’illustration. Nous lisons que sur le prix de la vente de son terrain Ananias a menti; et l’apôtre Pierre lui répliqua : « tu as menti au Saint-Esprit… » (Ac 5.3) et accentua « ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu » (Ac 5. 4d); puis Ananias tomba raide mort. Dans l’église d’Antioche c’était le Saint-Esprit qui disait : « mettez à part pour moi Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés » (Ac 13. 2b) et l’église devait se soumettre à cette injonction qui ne demandait aucun commentaire. En effet, la soumission au Saint-Esprit ne requiert aucune forme de refus. De plus, attribuer à Satan une œuvre accomplie par le Saint-Esprit est un péché grave et impardonnable. C’est d’ailleurs ce que dit Jésus aux pharisiens qui attribuaient délibérément et malicieusement à Satan l’œuvre du Saint-Esprit qui était évidente dans son ministère (Mat 12. 31-32; Mc 3. 29; Lc 12. 10). Il n’existe aucune facette dans la vie de l’église qui échappe à la sagacité de l’Esprit de vérité; pour cela, il importe de marcher dans sa soumission jusqu’à la fin. C’est le devoir de l’Église, c’est la responsabilité de chaque croyant; car, après avoir énuméré divers dons spirituels, Paul déclare : « Mais tout cela est l’œuvre d’un seul et même Esprit qui distribue son activité à chacun de manière particulière comme il veut » (1 Cor 12. 11).

Le Saint-Esprit est probablement le membre le moins connu de la Trinité. Il y a une malheureuse ignorance à son sujet, même au sein de l’Église, pourtant il possède les caractéristiques exclusivement divines. Il a une nature éternelle (Hé 9. 14), il est omniprésent (Ps 139. 7-10), il est omniscient (1 Cor 2. 10-11), il est omnipotent (Lc 1. 35). En dépit de son utilité en tant qu’envoyé pour fortifier (empower) l’Église à tous égards, il est limité à son nom : le Saint-Esprit ; mais pour fonctionner, on se fiche de lui. Mon appréciation, c’est pour faire ressortir l’incapacité fonctionnelle de l’Église en dehors de Sa personne et pour inciter chacun à chercher à vivre sa pentecôte comme le véritable ferment pour un grand réveil mondial dans ce dernier temps. Car, nous dit Jésus, «c’est l’Esprit qui donne la vie; l’homme n’aboutit à rien par lui-même » (Jn 6. 63a). Alors, membres de l’Église du Dieu vivant, il est temps d’arrêter de pérorer inutilement en se mesurant les uns les autres, travaillons tous dans l’humilité en sachant que dans tout ce que nous faisons, notre capacité vient du Saint-Esprit. Il ne faut ni l’attrister ni l’éteindre, ce qui d’ailleurs est mortifère. Remettons notre communauté à celui pour la force de laquelle il était descendu dès la chambre haute, le Saint-Esprit et la dividende en moisson d’âmes sera innombrable et l’Église redeviendrait ce pourquoi elle existe. JOYEUSE PENTECÔTE !

 

Bibliographie

[1] A. KUEN, Baptisé et Rempli de l’Esprit, Éditions Emmaüs, Suisse, 1806 Saint-Léger, p.3 1976.

2 Max-Alain CHEVALLIER, Souffle de Dieu, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, Paris, Vol. I, Éditions Beauchesne, 1978, p. 22-29

3 Sinclair FERGUSON, L’ESPRIT SAINT, France, Éditions Excelsis, Collection Théologie, 1996, p.10.

4 Ibid. p.25

5 Op.cit. p.26

6Wayne GRUDEM, Théologie Systématique, Éditions Excelsis 2010, p.699

7 Ibid. p. 703

8 Op. cit. p.705

9Dans son livre ayant pour titre « Baptisé et Rempli de l’Esprit», A. Kuen présente au chapitre X une historicité intéressante en ce qui a trait à la naissance du renouveau concernant le Saint-Esprit et le parler en d’autres langues (pp 145-168)

[1]0 A. Kuen p.28

 

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